Project Description

TRIO ARALIA

Programme musical

Joseph Haydn : trio Hob. XV : 27 en do majeur
Franz Schubert : trio n°2 D.929 en mi bémol majeur (Allegro)
Maurice Ravel : trio

Note d’intention

Haydn a-t-il vraiment écrit ses trios, ses quatuors en cherchant à entrer dans un cadre qui se rapprocherait de la bienséance ? À l’époque où les idéaux des lumières, de Voltaire à Rousseau, n’évoquaient que le désir de liberté, d’expression de sa subjectivité, et conduisirent à la Révolution Française, Franz Joseph Haydn, homme de son époque, a au contraire brisé des cadres musicaux et inventé de nouveaux moyens d’expression : utilisation moderne de l’orchestre et père de la conversation en musique, du dialogue entre instrumentistes avec le quatuor à cordes. C’est cette idée totalement nouvelle qui a aussi guidé l’écriture de ses trios, comme le trio Hoboken XV : 27. Dédié à la pianiste professionnelle Thérèse Jansen, c’est un dialogue permanent entre les cordes et le piano, marqué par l’exubérance de celui-ci (plus que dans ses sonates pour piano seul, à l’exception des trois dernières sonates dites londoniennes). Haydn profite de l’habileté hors norme de Thérèse Jansen pour déborder de virtuosité et de sentiments, à l’époque du mouvement littéraire du Sturm und Drang, comme dans le premier mouvement, avec son second thème marqué par les fusées et les octaves du piano, et les brusques ruptures du développement. La violence de la partie centrale du deuxième mouvement tranche avec la rêverie qui lui précède, et le finale montre une vivacité et une gaieté qui est tout sauf contenue.
C’est vers toujours plus d’exubérance et de passion, qu’a été le romantique Franz Schubert dès son premier opus, le célèbre lied Erlkönig, « le roi des Aulnes », et qu’il a continué d’aller avec le 2e trio op.100 D.929. Tout comme chez Haydn ou l’idée de conversation, d’intimité et de pratique « amateure » à l’origine de sa musique de chambre n’a pas été synonyme de mesure, Schubert repousse les limites de la forme, répète ses thèmes avec un lyrisme sans retenue, amène les ruptures les plus violentes et inattendues, proposant une musique dont la théâtralité est déjà faite pour émouvoir une audience et dépasser le cadre du cercle privée.
L’écriture de la « musique de chambre » a donc très vite été faite pour investir les concerts, pour remplir les salles en plus des salons. Ravel a poussé cette écriture dans ses derniers retranchements, en y apportant sa science de l’écriture orchestrale et l’espace qu’il a apporté à l’écriture pour piano, en digne héritier de Franz Liszt. Son trio se distingue par une écriture de cordes mêlant tous les aspects de son écriture si reconnaissable et ses effets (pizzicatos, harmoniques, glissandos, bariolages…), mélangés à une partie piano d’une ampleur symphonique qui n’empêche pas la transparence des textures. L’influence d’un classicisme imaginaire (attirances tonales claires, 3e mouvement en forme de passacaille) n’inhibe pas le lyrisme et la sensualité omniprésents, mêlés à des influences extra-européennes (le « Pantoum » dérivant de la forme poétique du pantoun malais), et au rythme effréné de la danse, allant du premier mouvement construit sur un rythme irrégulier de zortziko basque se développant en bourrasques successives, et le finale rappelant les élans endiablés de sa rhapsodie espagnole ou de son boléro.

Vendredi 7 août à 20h

Ferme de Villefavard
2 impasse de l’église et de la cure
87190 Villefavard

Trio Aralia

Ida Derbesse, violon
Magali Mouterde, violoncelle
Théodore Lambert, piano

Ouverture de la Ferme à 19h

Le bar de la Ferme sera ouvert dès 19h et à l’issue du concert.
Il propose une sélection de boissons fraîches et chaudes.

Possibilité de pique-niquer sur place à partir de 19h.

Autour du concert

Visite guidée de la Ferme de Villefavard
Mercredi 5 août à 17h
Sur réservation uniquement auprès de l’Office de Tourisme : 05.55.68.12.79 / 05.55.60.76.81

Tarif : 5€ / personne

« Là encore le plaisir de jouer ensemble domine au sein du Trio Aralia qui a proposé les deux premiers mouvements du Trio n°2 de Mendelssohn. Ils donnent une lecture intelligente de la partition, se faisant finement tempétueux dans l’allegro energico y con fuoco.» (P. Wauters -Wukali, Festival de piano de la Roque d’Anthéron, 2019)

Lauréat du International Johannes Brahms Competition 2019 (Autriche) et du Concours International Léopold Bellan, soutenu par la fondation Meyer, le Trio Aralia se forme à travers un parcours cosmopolite ; pionniers du programme ECMAster, les trois musiciens intègrent le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Claire Désert et Ami Flamer, ainsi que le Cycle Concertiste de la classe du Trio Wanderer, puis poursuivent leurs études à l’Universität für Musik und darstellende Kunst de Vienne, ainsi qu’au Conservatoire Royal de La Haye.
Grâce à ProQuartet – Centre Européen de Musique de Chambre, dont il est ensemble en résidence depuis 2019, le Trio Aralia a été sélectionné pour participer à une résidence au château de Lourmarin (avril 2020), à la Ferme de Villefavard en Limousin (août 2020), ainsi qu’à une tournée en Russie co-organisée avec Live Music Now. Il est également invité à se produire dans toute l’Europe, comme au Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron 2019 où il est ensemble en résidence, au festival Vues d’ensembles à la ferme de Villefavard, au Musée Jean-Jacques Henner à Paris, au Musée de la nouvelle Jérusalem en Russie ainsi qu’à la Nieuwe Kerk de La Haye où leur interprétation du trio de Ravel a été retransmis sur Radio West. Ré-invités pour la saison prochaine, ils joueront également en Italie à la casa Menotti et au Festival International de Savona, et en France le triple concerto de Beethoven.
Le Trio Aralia reçoit l’enseignement de maîtres tels que les membres du Quatuor Alban Berg, du Quatuor Talich, du Trio Wanderer ou encore du Quatuor Ébène ainsi qu’Alasdair Tait (Quatuor Belcea), Patrick Jüdt, Emmanuel Strosser, Olivier Charlier, Lise Berthaud, ou Avedis Kouyoumdjian.